Je dors.
Il est des crépuscules plus doux que les aurores.
Il est des nuits profondes qui promettent le néant.
Il est des velours sombres sans épingles scintillantes
Qui sèchent mieux les larmes que les draps les plus blancs.
Il est des eaux verdâtres et paisibles et mourantes
Où l’on se perd bien mieux qu’aux déserts brûlants.
Dormir, enfin, dormir, et ne rêver jamais.
S’allonger pour toujours, cesser de résister,
S’abandonner, mourir, quitter le flux du temps.
Que vienne ce que j’attends, je dors.
2005-05-16
Yvon Henel
Mons en Bar½ul